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« Self-made women » milliardaires : 2 tiers sont chinoises

Deux tiers des "self-made women" milliardaires dans le monde sont chinoises

L’institut de recherche Hurun a publié cette semaine un rapport recensant les « self-made women » milliardaires en dollars américains dans le monde en 2015, c’est à dire des femmes qui n’ont pas hérité de leur fortune et qui ne doivent leur réussite sociale qu’à elles-mêmes. Parmi les 73 femmes que compte leur classement, 49 d’entre elles sont chinoises et vivent en Chine, soit près de 2 sur 3. Les États-Unis tiennent la 2ème place loin derrière avec 15 « self-made women » milliardaires résidant sur le sol américain.

La Chine : berceau des femmes d’affaires milliardaires

À la tête du classement, la suprématie de l’empire du milieu est écrasante puisque 8 femmes du top 10 sont chinoises, avec sur la première place du podium Zhou Qunfei, 45 ans, dont la fortune personnelle est évaluée à 50 milliards de yuans, soit approximativement 7,8 milliards de dollars.

Zhou Qunfei, la femme la plus riche de Chine

Zhou Qunfei, la femme la plus riche de Chine

Les secteurs d’activité qui ont contribué à la réussite de ces femmes entrepreneuses chinoises richissimes sont en premier lieu l’immobilier, suivi par l’industrie manufacturière et enfin la finance. La moyenne d’âge des 50 femmes les plus riches de Chine est de 46 ans.

Dans la liste établie par Hurun, l’Américaine Peggy Cherng, propriétaire avec son mari de la chaine de fast-food chinois Panda Express, a grandi à Hong-Kong avant de s’établir aux États-Unis et l’Australienne Vicky Teoh, reine des télécoms, est née à Taiwan. On peut donc considérer que la Chine a contribué à la réussite de 70% des femmes d’affaires milliardaires dans le monde.

Le travail des femmes valorisé et facilité

Mao Zedong, qui a largement promu l’égalité des sexes, avait déclaré :

« Les femmes portent la moitié du ciel. »

Dans la culture chinoise, on attend des femmes qu’elles travaillent et participent à l’effort national. La politique de l’enfant unique instaurée en 1979 et l’implication traditionnelle des grand-parents dans la prise en charge des enfants a permis aux jeunes mères de se consacrer à leur carrière professionnelle.

La Chine a également une forte culture de l’entrepreneuriat et son essor économique des dernières décennies a contribué à forger de nombreuses fortunes. Petit bémol néanmoins : si la croissance spectaculaire chinoise a été favorable à ses femmes d’affaires, elle a surtout profité aux hommes puisque les 50 hommes les plus riches du pays restent en moyenne 4 fois plus riches que les 50 premières fortunes féminines.

Le destin incroyable de Zhou Qunfei

Zhou Qunfei est devenue la femme la plus riche de Chine après que sa société, Lens Technology, spécialisée dans la fabrication d’écrans tactiles, soit entrée sur la bourse de Shenzhen cette année.

Née en 1970 dans une famille pauvre d’une zone rurale de la province du Hunan, Zhou Qunfei perd sa mère très jeune et son père se retrouve presque aveugle suite à un accident du travail. Elle arrête l’école à 16 ans pour devenir ouvrière à Shenzhen, dans le sud du pays, où elle polit du verre de 8h du matin à minuit pour un dollar par jour.

Zhou Qunfei, à l'époque où elle était ouvrière. Crédits : Gilles Sabrie pour le New York Times

Zhou Qunfei, à l’époque où elle était ouvrière. Crédits : Gilles Sabrie pour le New York Times

Ambitieuse et déterminée, elle obtient rapidement des responsabilités puis s’inscrit à l’université de Shenzhen parallèlement à son emploi pour y suivre des cours d’informatique, de comptabilité et d’opérations douanières. À 22 ans, elle lance sa propre entreprise, avec quelques 3000$ d’économies en poche.

À présent sa société Lens Technology fournit des écrans tactiles à Apple et Samsung, emploie 60,000 personnes et Zhou Qunfei est multimilliardaire.