Tendances
Leave a comment

Uber ou l’essor de l’économie collaborative

Chauffeur Uber

Il ne se passe pas un jour sans que l’on parle d’Uber dans les médias, et ce dans le monde entier. Baisse des tarifs de 20% à Paris, service de livraison de repas et de marchandises, alliance avec le géant du net Baidu pour conquérir le marché chinois : la firme californienne, valorisée à 51 milliards de dollars, se déploie sur tous les fronts. Présente aujourd’hui dans plus de 60 pays et 300 villes,  la start-up bouscule les acteurs traditionnels du transport et chamboule nos modes de vie.

Un concept pionnier

Application intuitive et facile d’utilisation, tarif fixé à l’avance et généralement moins cher que celui des taxis traditionnels, possibilité de géolocaliser les chauffeurs à proximité, délai d’attente très court, système de notations et de commentaires qui encourage un service irréprochable, paiement automatisé : Uber est incontestablement une aubaine pour l’utilisateur.

De l’autre coté de la barrière, n’importe qui peut devenir chauffeur Uber et ainsi arrondir ses fins de mois ou exercer ce métier à plein temps. Il suffit pour cela d’obtenir une autorisation de transport de personnes, créer sa société ou adopter le statut d’auto-entrepreneur, posséder un véhicule récent assuré pour cette activité puis postuler. Les étapes de la candidature incluent un test de connaissance de Paris (pour les conducteurs souhaitant exercer dans la capitale) et une formation de 45 minutes au fonctionnement d’Uber. Les avantages pour les chauffeurs sont multiples : devenir son propre patron, travailler où et quand on le décide et recevoir des paiements hebdomadaires.

Secteurs traditionnels fragilisés et barrières légales

Uber s’est installé dans nos vies au détriment des taxis traditionnels, des agences de location de voitures et constitue à présent une menace pour les sociétés de coursiers. Si les revendications des chauffeurs de taxi ont conduit à la suppression du service UberPop, jugé déloyal, Uber continue à gagner du terrain en France avec ses conducteurs professionnels. Certains pays/villes ont préféré tout bonnement l’interdire, invoquant des prix déloyaux, des taxis illégaux et/ou une enfreinte aux règles de la concurrence. Rio de Janeiro est la dernière ville en date à avoir banni la firme californienne.

D’autres pays tentent de limiter l’expansion des plateformes de reservation de chauffeurs. Alors qu’Uber prévoit de s’étendre dans 100 villes chinoises en 2016 (contre 20 actuellement), La Chine vient de publier un projet de loi prévoyant une réglementation plus stricte de ce secteur.  Les véhicules de particuliers devront être enregistrés en tant que taxi, les chauffeurs justifier de 3 ans d’expérience au volant, être détenteurs d’une licence pour exercer et ne pourront travailler que pour une seule plateforme (Uber est numéro 2 en Chine derrière la société locale Didi Kuadi qui contrôle 80% du marché). Les plateformes se verront également dans l’obligation d’héberger leurs serveurs en Chine et de partager leurs données avec les autorités locales.

L’inéluctable « uberisation » de la société

Le maire de Londres, Boris Johnson, s’est récemment adressé aux villes qui résistaient à Uber, en déclarant :

« Une fois que le dentifrice est sorti du tube, on ne peut pas l’y remettre »

(« Once the toothpaste is out of the tube, that’s it ») et qu’il convenait de « trouver un équilibre » face à des perturbations inévitables.

Il parait indispensable que les secteurs traditionnels se modernisent et améliorent leurs services afin de proposer une contre-alternative à Uber. Le mois dernier par exemple, 6500 chauffeurs de taxi ont signé une charte prévoyant entre autres de mettre à la disposition de leurs clients bouteilles d’eau et chargeurs de portable.

On reproche à Uber de porter atteinte aux emplois traditionnels et de favoriser la précarité mais la start-up contribue à dynamiser l’économie dans un contexte de crise en créant de nouveaux besoins / envies autrefois inabordables et fournit à beaucoup de personnes sans emploi l’opportunité de se réinsérer sur le marché du travail.

Le modèle d’Uber, pionnier dans la mise en relation entre chauffeurs et clients a été copié dans bien d’autres secteurs et on ne compte plus le nombre de plateformes similaires dédiées à la location de logements, de matériel, de vêtements, à la vente de biens d’occasion, etc. Selon PwC, le marché mondial de l’économie du partage qui représentait 15 milliards de dollars en 2014, atteindra 335 milliards en 2025. Que l’on soit pour ou contre, sa progression est inexorable.