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Vaccins : quand la désinformation l’emporte sur le bon sens

Vaccins : de la désinformation à la défiance

Mark Zuckerberg a récemment déclenché l’ire des anti vaccins après avoir posté une photo où on le voit avec sa fille dans la salle d’attente d’un médecin pour la faire vacciner. En France, la ministre de la santé Marisol Touraine vient de lancer un plan d’action pour la rénovation de la politique vaccinale afin de restaurer la confiance des Français. En effet, la couverture vaccinale des nourrissons âgés de 0 à 9 mois a chuté de 5% entre 2014 et 2015 et certains vaccins recommandés, notamment contre le HPV (papillomavirus humain) et la grippe, sont boudés.

Les causes de cette défiance ? Manque de clarté entre vaccins obligatoires et recommandés, gestion maladroite de certaines campagnes de vaccination, pénuries et surtout multiplication des polémiques concernant les risques pour la santé.

Attention aux spirales conspirationnistes

Sur les réseaux sociaux ou des plateformes telles que YouTube, il est facile de tomber sur le témoignage de parents dévastés affirmant que des vaccins ont eu des répercussions sur la santé de leur enfant, avec photos et vidéos choc à l’appui. Ces récits font le buzz et contribuent à semer le doute, d’autant plus qu’ils sont ensuite relayés par des sites d’information en ligne soit-disant spécialisés dans le domaine médical.

Sur le site www.savoir-plus-sante.fr, qui revendique près de 800,000 fans sur Facebook, on retrouve ainsi un article intitulé « Voilà ce que le vaccin contre le HPV a fait à ma fille… », publié le 24/12/2015, reprenant une vidéo YouTube (visionnée plus de 900,000 fois) dans laquelle on voit une jeune fille qui a visiblement mal aux jambes et dont la mère attribue les douleurs au vaccin qui lui a été administré. S’en suivent des chiffres tout aussi affolants sur les effets secondaires supposés du vaccin incriminé. L’article balaie enfin les conclusions de l’Agence européenne des médicaments, qui stipule clairement qu’il n’y a PAS de lien de causalité entre le vaccin anti-HPV et les syndromes qu’on lui attribue, sous prétexte qu’elle est financée par les redevances de l’industrie pharmaceutique. De quoi éveiller bien des soupçons n’est-ce pas ?

Pourtant, quel crédit accorder à un site qui a également publié le 18/12/2015  « Le SIDA et d’autres virus ont bien été créés en laboratoire, dans un but génocidaire ! » ou encore le 29/12/2015 « Ces 4 aliments magiques peuvent nettoyer les poumons des fumeurs ! » ?

Réhabiliter le bien-fondé des vaccins

Face à la désinformation et aux théories du complot qui pullulent, il est difficile de démêler le vrai du faux et de faire les bons choix. Dans cette optique, l’OMS a publié une liste très instructive des idées fausses à corriger, qui permet de remettre les points sur les i.

Parmi les polémiques qui ont alerté l’opinion, on retiendra qu’aucun lien de cause à effet n’a pu être établi entre la vaccination infantile et la mort subite du nourrisson, ni entre le vaccin contre l’hépatite B et la sclérose en plaques et pas non plus entre le vaccin ROR (rougeole-oreillons-rubéole) et l’autisme. Bruno Lina, directeur du laboratoire Virologie et Pathologie Humaine (VirPath), explique au HuffPost :

« Comment démontrer qu’aller se promener en forêt ne représente pas un risque de développer de l’autisme? Ou le fait de toucher du papier? C’est impossible. Il y aura toujours quelqu’un qui sera allé se promener en forêt et qui aura développé de l’autisme après. C’est la même chose pour le vaccin contre la rougeole. Il faut admettre que cela arrive et que c’est une coïncidence. »

Par contre, une chose est sûre : le risque encouru en contractant une maladie évitable par la vaccination est bien plus grand que le risque (extrêmement rare) de dommages graves provoqués par un vaccin. La polio peut ainsi entraîner la paralysie, la rougeole une encéphalite ou la cécité et d’autres maladies que l’on peut prévenir par des vaccins sont potentiellement mortelles. Par exemple la grippe continue de tuer 300,000 à 500,000 personnes dans le monde tous les ans. Et si certains sont tentés de penser que les maladies infantiles évitables par la vaccination font partie des désagréments de la vie, n’oublions pas que l’on parle ici de rendre des enfants vulnérables inutilement face à des maladies graves.

Car ce n’est pas parce que des maladies ont été quasiment éradiquées dans beaucoup de pays (grâce à la vaccination) qu’il n’est plus nécessaire de s’en prémunir. En effet des maladies infectieuses devenues rares referont surface rapidement si la couverture vaccinale est insuffisante. On assiste déjà à un bond en arrière avec des flambées de rougeole qui ont frappé les populations non-vaccinées en Europe et aux États-Unis cette dernière décennie.

L’OMS rappelle :

« la réussite des programmes de vaccination, comme la réussite des sociétés, dépend de la coopération de chaque individu pour assurer le bien-être de tous. Nous ne devons pas compter sur les personnes qui nous entourent pour arrêter la propagation d’une maladie ; nous avons aussi, chacun d’entre nous, notre rôle à jouer. »

En cas de doutes et/ou pour toute question, votre meilleur interlocuteur reste votre médecin traitant.

  • lovyves

    Cet article est il de l’information ?

    • Louis

      Oui, ce torchon est une précieuse information quant à la crédibilité de ce site !