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Protégeons le cœur des femmes

Maladies cardiovasculaires : protégeons le cœur des femmes

Aujourd’hui comme tous les 29 septembre, nous célébrons la journée mondiale du cœur, dédiée aux maladies cardiovasculaires et à leur prévention. À cette occasion, la Fédération Française de Cardiologie (FFC) a publié un communiqué de presse afin d’alerter le grand public du risque grandissant que courent les femmes. Celles-ci, en raison de leurs modes de vie, sont de moins en moins épargnées.

Première cause de mortalité des femmes

Responsables d’un tiers des décès dans le monde selon l’OMS, les maladies cardiovasculaires, qui concernent le cœur et la circulation sanguine, sont à l’origine en France de 150,000 à 180,000 décès par an, dont 70,000 à 100,000 par mort subite.

Le Professeur Claire Mounier, présidente de la FFC, balaye d’emblée les idées reçues : « l’infarctus du myocarde est spontanément associé à un homme de 50 à 60 ans, fumeur, sédentaire et avec un peu d’embonpoint. Pourtant, les femmes décèdent davantage que les hommes d’une maladie cardiovasculaire ». En effet, 54 % des victimes des maladies du cœur et des artères sont aujourd’hui des femmes.

Contrairement à ce que l’on pourrait penser, explique le Pr. Mounier, « le cancer du sein n’est pas la première cause de mortalité féminine. En France, une femme sur 24 succombera à un cancer du sein, alors qu’une sur 3 décèdera d’une maladie cardiovasculaire. Soit 8 fois plus ! ». Les maladies cardiovasculaires les plus meurtrières sont en premier lieu l’infarctus du myocarde (18% des décès féminins), suivi de l’accident vasculaire cérébral (14%).

Des facteurs de risque plus dangereux

Les œstrogènes, hormones naturelles des femmes, ont longtemps joué un rôle protecteur face aux maladies du cœur, qui survenaient en moyenne 10 ans plus tard que chez les hommes. Aujourd’hui, alors que le nombre d’hommes atteints d’infarctus a baissé, les femmes sont de plus en plus touchées. Selon la FFC, « 80% des maladies cardiovasculaires sont liées au tabagisme, à un manque d’activité physique, à une mauvaise alimentation, à l’usage nocif de l’alcool ou encore au stress. » Les femmes ont adopté les mauvaises habitudes de vie qui étaient pendant longtemps l’apanage des hommes et ne sont malheureusement pas leurs égales devant ces facteurs de risque. Plus vulnérables, elles voient par exemple leur risque d’accident cardiovasculaire multiplié par 3 en consommant 3 à 4 cigarettes quotidiennement, quel que soit leur âge. Des études ont montré le lien évident entre l’augmentation du tabagisme mais également de l’obésité des femmes avec la hausse des maladies cardiovasculaires chez des femmes de plus en plus jeunes. Actuellement 11% des femmes victimes d’un infarctus ont moins de 50 ans contre à peine 4% en 1995.

Après 35 ans, l’association tabac et contraception oestro‐progestative (la majorité des pilules, mais aussi l’anneau vaginal et le patch cutané) est une combinaison explosive puisqu’elle multiplie le risque d’infarctus par 30. Il est conseillé aux femmes fumeuses d’opter pour un moyen de contraception qui ne contienne pas d’œstrogènes de synthèse, y compris si elles ne fument que quelques cigarettes par jour.

Conseils pratiques pour préserver cœur et artères

Dans sa brochure « Cœur, Artères et Femmes », la FFC met en avant 10 recommandations :

  • Manger équilibré, en prenant son temps
  • Pratiquer une activité physique régulière
  • Ne pas fumer (du tout)
  • Consommer peu d’alcool
  • Éviter le stress et/ou apprendre à le gérer
  • Réduire le sel
  • Bien dormir
  • Rire (au moins une fois par jour pour diminuer la tension nerveuse)
  • Ne pas utiliser de pilule contraceptive contenant des œstrogènes de synthèse si l’on fume après 35 ans
  • Effectuer un contrôle médical régulier : prendre sa tension une fois par an et réaliser un bilan sanguin aux moments-clés de sa vie hormonale (contraception, grossesse), puis tous les 2 ans à l’approche de la ménopause.

Enfin, on conseillera aux femmes de prêter attention aux signes d’alerte de l’infarctus, trop souvent méconnus. La douleur caractéristique au niveau du thorax qui irradie dans le bras gauche et jusqu’à la mâchoire que l’on associe à l’infarctus concerne principalement les hommes et très peu les femmes. Chez ces dernières, les signes avant-coureurs sont plus subtils et s’apparentent plutôt à ceux d’une crise d’angoisse : essoufflement, palpitations, nausées ou encore fatigue persistante. La FFC rappelle : « Si vous avez le moindre doute, appelez le 15, cela peut vous sauver la vie. Faites-le même si les signes ont disparu au bout de quelques minutes ».

Pour plus d’infos, téléchargez leur brochure et n’hésitez pas à faire le point sur votre coeur avec ce test.